APPRENDRE DANS L'ÈRE DIGITALE, UNE AFFAIRE D'ENGAGEMENT

Post date: Jun 29, 2016 9:16:25 AM

Avec l’avènement du numérique, le savoir est presque universellement accessible. Les changements des usages dans les outils et de la posture du formateur avec les formés deviennent inéluctables. Dans ce nouveau paradigme et cet écosystème, le vocabulaire a évolué et les pratiques dans le monde de la formation également :

Enseigner et apprendre

L’acte d’apprendre s’accomplit depuis notre naissance, intentionnellement ou pas, jusqu’à notre mort. L’éducation et la formation tout au long de la vie prennent en compte tous les types d’apprentissages, dans différents environnements à l’intérieur et à l’extérieur des systèmes d’enseignement et de formation formels.

Apprendre est un verbe très fort puisqu’il sous-entend l’engagement, l’appropriation et la prise en main du savoir par le biais des connaissances rencontrées de manière intentionnelle ou fortuite. Il est admis de plus en plus que l’erreur pédagogique fondamentale du système scolaire classique est que le savoir ne se transmet pas mais il s’approprie.

Apprendre à apprendre et prendre conscience de sa façon d’appréhender le savoir et de le construire mentalement fait partie de l’apprenance. Cette dernière est un néologisme, c’est un nouveau terme qui définit une attitude de pratiques de formation. Dans l’acte pédagogique, l’apprenant devient un sujet et non plus un objet. Il est le centre du dispositif pédagogique et par conséquent, le formateur (ou l’enseignant) voit son rôle changer. L’enseignant n’est plus l’”enseigneur” du haut de son estrade mais l’accompagnateur des apprenants en se mettant dans une posture de facilitation et de coaching.

Par conséquent, la modification du binome “enseignement-apprentissage” se fait sentir avec plus d’horizontalité dans les rapports et des interactions différentes en présentiel ou à distance et en synchrone ou en asynchrone.

La motivation d’apprendre joue un rôle fondamental dans l’acquisition de connaissances et elle s’inscrit comme facteur d’apprentissage important reliant les ressources utilisées et les activités entreprises. Selon Roland Viau, l’activité pédagogique est une source de motivation chez l’apprenant si ce dernier y perçoit la valeur (est-ce important ?), y perçoit de la compétence (suis-je capable ?) et y perçoit de la controlabilité (ai-je mon mot à dire ?).

Les conséquences seront un engagement associé à une persévérance et donc : Apprendre

Un autre point important dans le fait d’apprendre est cette notion “d’empowerment” (mot difficile à traduire en français même si il est proche du pouvoir d’agir ou de la capacité d’agir). L’individu accroît ses capacités et ses compétences en favorisant l’estime de soi, la confiance en soi et en prenant des initiatives qui lui permettent d’avoir un sentiment d’habileté et de connaissance.

Apprendre toute la vie durant...

Le cadre stratégique pour la coopération européenne dans le domaine de l’éducation et de la formation adopté en mai 2009 fixe une série de jalons à atteindre à l’horizon 2020, notamment en matière d’éducation et de formation tout au long de la vie, en établissant qu’une moyenne d’au moins 15 % des adultes âgés de 25 à 64 ans devrait participer à des activités de ce type. En 2014, dans l’UE-28, le pourcentage de personnes âgées de 25 à 64 ans ayant participé à l’éducation et à la formation était de 10,7 %, soit 1,6 point de pourcentage de plus qu’en 2009.

Nous voyons bien tout l’intérêt qu’accorde l’Union Européenne à cet apprentissage tout au long de la vie en encourageant à s’approprier les bonnes pratiques.

Se former tout au long de sa vie devient incontournable avec tous ces changements technologiques et sociétaux auxquels nous assistons durant notre vie. Nous sommes appelés à développer nos compétences en passant d’une logique de fractionnement basée sur l’objectif et la discipline à une logique d’intégration basée sur la compétence.

Jacques Tardif approfondit d’une façon très pragmatique la notion de compétence en nous invitant à passer d’une logique photographique à une logique vidéographique . Il sous-entend que tout n’est pas figé et fractionné comme les formations à travers la disciplinarité mais plutôt évolutif, scénarisé et systémique. Dans l’approche par compétences, les connaissances nous permettent de réfléchir, planifier et agir. Ce changement conceptuel est donc un passage qui se fait donc d’un fractionnement vers une intégration.

Et le numérique dans tout ça ?

Selon Michel Serres, dans son livre “Petite Poucette” , les nouvelles technologies nous condamnent à devenir plus intelligents ! Nous n’avons plus à mémoriser un nombre incalculable d’informations et nous sommes invités à avoir une tête bien faite plutôt qu’une tête bien remplie. Le numérique est un formidable moyen de modifier nos usages et nos façons d’apprendre. L’environnement technologique comme support basé sur des smartphones, tablettes ou ordinateurs nous permet de stocker des tonnes d’informations à travers le cloud ou les disques durs extrêmement puissants.

Dans les dispositifs pédagogiques, les LMS (Learning Management System) sont de plus en plus utilisés afin de mutualiser et de tracker les apprentissages. Ces environnements changent également avec les nouvelles pédagogies centrées plus sur l’apprenant. Le LMS nouvelle génération Claroline Connect est un bel exemple de changement de ces plateformes dans lesquels l’apprenant crée son propre espace d’activité et surtout peut le partager avec ses pairs et son enseignant. Il devient réellement acteur de son apprentissage, il utilise des outils technologiques qui lui permettent d’apporter une réelle valeur ajoutée à sa façon d’apprendre.

Avec toutes ces opportunités que nous apporte l’outil technologique, la collaboration et les interactions deviennent de plus en plus évidentes et nous assistons à une ubérisation du savoir donnant ainsi la possibilité à tous de se former.

Les MOOC (Massive Open Online Course) deviennent un dispositif à la portée de tous, libérant ainsi les clivages des universités hors de prix ou inaccessibles ou la barrière du diplôme parfois seule porte d’entrée à un cursus de formation.

Attention à ne pas tomber dans l’émerveillement de ces outils numériques très “fun” et “sexy” en mettant une couche technologique. Il est tout a fait possible de le faire mais si les pratiques pédagogiques sont fossilisées, l’apport du digital n’aura aucune incidence significative dans l’apprentissage.

La transformation est évidemment longue à se mettre en place. Le formateur verra se démultiplier des occasions d’innover ses pratiques pédagogiques à condition qu’il prenne l’initiative d’un premier petit changement.

Marcel Lebrun, dans son dernier ouvrage consacré aux classes inversées, l’explique bien en encourageant les enseignants et formateurs à sortir de leur zone de confort et en se posant la question :” que vont-ils faire ?” à la place de se poser la question “qu’est ce que je vais faire ?”.

Tout au long de la vie, dans l’apprentissage, l’usage des outils technologiques n’est donc plus un mythe s’ils sont intégrés dans une stratégie de service à la pédagogie. Ainsi, la prise de conscience de la valeur ajoutée du numérique ne se fera que par l’expérimentation des dispositifs faisant appel aux nouvelles technologies et aussi par l’évaluation de leur retour sur investissement.

Rochane KHERBOUCHE

Chef de Projet TICE

Bruxelles Formation

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Article en version papier dans le magazine Peoplesphere 204, url internet en raccourci et en QR Code

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http://www.claroline.net/

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